Est-Eclair 24 décembre 2016

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C’est un cadeau un peu particulier qui est venu se glisser sous le sapin d’une jeune habitante de Rosières-près-Troyes, en ce début du mois de décembre. Souffrant d’agénésie, une malformation de naissance qui l’a privée de sa main gauche, Lola est désormais dotée d’une prothèse réalisée par un Troyen grâce à une imprimante 3D. Conçue spécialement pour elle à sa dimension et en tenant compte de ses envies, cette main artificielle a l’énorme avantage de n’avoir rien coûté à ses parents. Et c’est en la personne d’Alexandre Contat, directeur de distudio3D à Sainte-Savine, que s’est matérialisé cette année le Père Noël.

« J’en ai pleuré »

Ce dernier est consultant en impression 3D auprès des entreprises. Ça, c’est pour la partie professionnelle. Mais si derrière l’entrepreneur se cache bien sûr le passionné, il ne faudrait pas non plus oublier l’homme. Car c’est avant tout à son initiative que cette solution a été proposée. «  Je suis devenu «maker» certifié de prothèse auprès de l’association e-nable  », explique Alexandre Contat. En lien avec une fondation américaine, la structure propose des modèles types reproduisant main ou même bras complet qu’il ne reste plus qu’à adapter et à imprimer. «  Mon travail n’a absolument rien à voir normalement. Mais on a le matériel. On a l’équipement. C’est la moindre des choses de proposer ce service bénévolement.  »

Pour autant, c’est par le plus grand des hasards qu’Alexandre Contat prend connaissance du besoin d’une fillette à seulement deux pas de chez lui. «  On a le même kiné. Et de fil en aiguille, elle a donc pu bénéficier de ma première réalisation.  » Entièrement gratuite à tous les niveaux, cette main artificielle a également l’avantage d’être personnalisable. «  Lola m’a fait un dessin, pour préciser les couleurs qu’elle souhaitait avoir.  » Quelques rendez-vous et quelques essais plus tard, la prothèse est prête. «  Ça a été très rapide  », note Stéphanie Joniot, la maman de Lola. «  On a pris contact seulement au début octobre. Mais Alexandre s’est énormément investi dans le projet.  » D’autant que la fillette était forcément pressée d’essayer sa nouvelle main sur mesure. «  On a été vraiment surpris, le premier jour. C’est comme si elle l’avait toujours eue  », s’étonne la maman. «  J’en ai pleuré  », confie même Alexandre Contat.

Un suivi en fonction de la croissance

Car Lola peut désormais saisir des objets, en actionnant ses doigts artificiels à l’aide des muscles de son poignet. «  Elle a déjà eu des prothèses dites esthétiques, qui sont fixes. Mais elle les laisse de côté  », explique la maman. Si, pour le moment, il est difficile d’envisager des actions minutieuses comme tenir un crayon pour dessiner, elle a en revanche acquis une capacité de préhension. «  Lola s’entraîne souvent dans la journée, et m’aide même à porter les courses. Elle accepte très bien cette nouvelle main, et ne la quitte que rarement.  »

Pour autant, Stéphanie Joniot n’exclut en aucun cas d’investir un jour dans une prothèse myoélectrique pour sa fille, afin qu’elle bénéficie d’une motricité beaucoup plus fine. «  Mais c’est un coût financier considérable, qui n’est pas pris en charge. Nous y viendrons si Lola le souhaite, et quand sa croissance sera terminée.  » En attendant, Alexandre Contat a déjà pris la ferme décision de suivre Lola dans les années à venir. «  Il commence déjà à penser à la prochaine prothèse. C’est vraiment une belle rencontre  », confie Stéphanie Joniot. «  Je pense qu’il est possible d’imaginer des modèles plus fins et plus précis à l’avenir. Et c’est vrai que c’est un gros avantage pour une petite fille qui grandit, on peut refaire une prothèse tous les ans si besoin  », conclut de son côté Alexandre Contat.

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